Le barème de l’impôt sur le revenu, tranche par tranche
Comprendre pourquoi changer de tranche n’a jamais fait perdre d’argent, et vérifier le calcul avec un exemple chiffré.
Le barème de l’impôt sur le revenu 2026, applicable aux revenus perçus en 2025, comprend cinq tranches allant de 0 % à 45 %. Chaque tranche de revenu est imposée séparément, ce qui explique pourquoi passer dans la tranche supérieure n’augmente jamais l’impôt sur l’ensemble du revenu. L’imposition démarre à partir de 11 600 euros de revenu net imposable pour une part.
- Cinq tranches : de 0 % à 45 %, chacune imposée séparément sur la seule portion de revenu qui s’y trouve.
- Seuil d’entrée à 11 600 € : en dessous, aucun impôt n’est dû sur le revenu net imposable, pour une part.
- Changer de tranche ne fait jamais perdre d’argent : seule la portion qui dépasse le seuil est taxée au taux supérieur.
- Taux marginal différent du taux réel : le taux affiché en tête de tranche n’est presque jamais le taux effectivement supporté sur l’ensemble du revenu.
Le principe du barème progressif de l’impôt sur le revenu
Beaucoup de gens s’imaginent qu’une fois un certain revenu franchi, tout leur salaire bascule d’un coup sur un taux plus élevé. C’est faux, et c’est même l’inverse qui se produit : le barème de l’impôt sur le revenu fonctionne par tranches successives, et chaque tranche n’impose que la portion de revenu qui s’y trouve. Le reste continue d’être taxé selon les règles des tranches inférieures.
Concrètement, un revenu qui dépasse le seuil d’une tranche ne fait jamais reculer le contribuable. Le montant déjà imposé aux taux plus bas ne change pas ; seule la fraction supplémentaire est concernée par le taux de la nouvelle tranche. Ce mécanisme explique pourquoi une augmentation de salaire, même modeste, n’entraîne jamais de perte nette : l’impôt supplémentaire porte uniquement sur les euros gagnés en plus, jamais sur la totalité du revenu.
Cette confusion revient si souvent qu’elle mérite d’être posée clairement dès le départ, avant même de regarder le détail des chiffres.
Les tranches et les taux actuellement en vigueur
Le barème applicable aux revenus perçus en 2025, utilisé pour l’imposition en 2026, comprend cinq tranches pour un contribuable disposant d’une part de quotient familial. La loi de finances pour 2026 a revalorisé ces seuils de 0,9 %, en ligne avec l’inflation, afin d’éviter qu’une hausse de revenu purement liée au coût de la vie ne fasse basculer davantage de foyers dans une tranche supérieure.
Voici la répartition retenue pour cette imposition :
| Tranche | Revenu net imposable (1 part) | Taux |
|---|---|---|
| 1 | Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| 2 | De 11 601 € à 29 579 € | 11 % |
| 3 | De 29 580 € à 84 577 € | 30 % |
| 4 | De 84 578 € à 181 917 € | 41 % |
| 5 | Au-delà de 181 917 € | 45 % |
Ces seuils correspondent à une part de quotient familial et sont recalculés chaque année.
Comment calculer son impôt tranche par tranche
La meilleure façon de comprendre le mécanisme, c’est de le dérouler sur un exemple. Prenons un revenu net imposable de 35 000 euros, pour une personne seule avec une part.
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Identifier la ou les tranches concernées par son revenu
Avec 35 000 euros de revenu, trois tranches sont concernées : la première, jusqu’à 11 600 euros, qui n’est pas imposée ; la deuxième, de 11 601 à 29 579 euros ; et la troisième, de 29 580 à 35 000 euros, puisque le revenu s’arrête avant d’atteindre le seuil suivant.
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Appliquer le taux propre à chaque tranche, puis additionner
Sur la deuxième tranche, la portion imposée est de 17 979 euros (29 579 moins 11 600), taxée à 11 %, soit environ 1 978 euros. Sur la troisième tranche, la portion restante est de 5 421 euros (35 000 moins 29 579), taxée à 30 %, soit environ 1 626 euros. En additionnant ces deux montants, l’impôt brut avant quotient familial et éventuels crédits ou réductions s’élève à environ 3 604 euros.
Ce calcul montre bien que le taux de 30 % ne s’applique jamais à l’ensemble des 35 000 euros. Il ne concerne que les 5 421 derniers euros. C’est tout l’intérêt de comprendre le mécanisme plutôt que de se fier au seul pourcentage affiché en face de sa tranche de revenu.
Le rôle du quotient familial dans le calcul
Le calcul qui précède part d’une hypothèse simplifiée : une personne seule, sans enfant, donc une part de quotient familial. Or la plupart des foyers ne sont pas dans cette configuration. Le quotient familial ajuste le nombre de parts selon la situation familiale : un couple marié ou pacsé compte généralement deux parts, et des demi-parts supplémentaires s’ajoutent pour les enfants ou d’autres personnes à charge.
Concrètement, le revenu imposable du foyer est d’abord divisé par le nombre de parts, puis le barème est appliqué à ce quotient, avant que le résultat ne soit remultiplié par le même nombre de parts pour obtenir l’impôt final. Ce mécanisme permet de tenir compte de la taille du foyer dans le calcul : un couple avec deux enfants ne paie pas le même impôt qu’une personne seule pour un revenu total identique.
Reprenons l’exemple précédent, mais pour un couple marié ou pacsé sans enfant, donc deux parts. Sur le même revenu de 35 000 euros, le quotient est de 17 500 euros par part. Cette somme reste presque entièrement dans la deuxième tranche : seuls 5 900 euros (17 500 moins 11 600) sont imposés à 11 %, soit environ 649 euros par part, donc environ 1 298 euros pour le foyer une fois le résultat remultiplié par les deux parts. Sur un revenu total identique, l’écart avec la personne seule de l’exemple précédent, environ 3 604 euros, est net, et illustre bien pourquoi la composition du foyer change autant le calcul final.
Un plafonnement existe pour limiter l’avantage fiscal procuré par les demi-parts liées aux enfants, au-delà d’un certain montant. Les seuils précis de ce plafonnement varient et méritent d’être vérifiés au cas par cas plutôt que généralisés ici.
À cela s’ajoute un autre mécanisme correcteur, la décote, qui vient réduire l’impôt des foyers aux revenus modestes une fois qu’ils sont entrés dans la partie imposable du barème. Son principe est simple à comprendre même sans en connaître les seuils exacts : plus le revenu est proche du bas de la tranche imposée, plus la décote allège la note, et cet effet s’estompe progressivement à mesure que le revenu augmente, jusqu’à disparaître. Les montants précis de ce dispositif changent eux aussi d’une année sur l’autre.
Taux marginal, taux moyen
ne pas confondre
C’est sans doute la confusion la plus fréquente autour du barème. Le taux marginal, c’est le taux de la tranche la plus haute atteinte par le revenu : dans l’exemple précédent, ce taux est de 30 %. Mais ce n’est pas le taux réellement supporté sur l’ensemble du revenu.
Le taux moyen, ou taux réel d’imposition, se calcule en divisant le montant total de l’impôt par le revenu total. Toujours dans notre exemple, l’impôt de 3 604 euros rapporté aux 35 000 euros de revenu donne un taux moyen d’un peu plus de 10 %, largement inférieur au taux marginal de 30 %. C’est cet écart qui explique pourquoi le barème, malgré des taux qui semblent élevés en apparence, aboutit rarement à une ponction aussi lourde que ce que le taux affiché en tête de tranche laisse penser.
Retenir cette distinction évite bien des mauvais calculs mentaux, et surtout la crainte, souvent infondée, qu’une augmentation de salaire coûte plus cher qu’elle ne rapporte.
Pourquoi le barème évolue chaque année
Le barème n’est pas figé : il est révisé chaque année dans le cadre de la loi de finances, généralement pour suivre l’inflation. Cette revalorisation des seuils vise à éviter que des hausses de revenu purement nominales, liées au coût de la vie, ne fassent basculer artificiellement des foyers dans une tranche supérieure sans gain de pouvoir d’achat réel.
Dans les faits, ce réajustement annuel change surtout les seuils, rarement la logique d’ensemble : le nombre de tranches reste stable d’une année sur l’autre, tout comme le principe de progressivité. Ce qui bouge, ce sont les bornes en euros, généralement revues à la hausse pour suivre le coût de la vie. Comprendre le mécanisme une bonne fois pour toutes permet ensuite de simplement mettre à jour les chiffres chaque année, sans avoir à réapprendre le fonctionnement du calcul depuis le début.
Le barème présenté ici est celui applicable aux revenus perçus en 2025, imposés en 2026. Comme il est révisé chaque année, mieux vaut confirmer les seuils en vigueur sur service-public.fr ou impots.gouv.fr, ou passer directement par le simulateur officiel, avant de baser un calcul important dessus.
À quels revenus s’applique le barème 2026 de l’impôt sur le revenu ?
Il s’applique aux revenus perçus en 2025, déclarés et imposés en 2026. Le barème est recalculé chaque année : celui d’une année ne s’applique jamais aux revenus d’une autre année sans vérification préalable.
Combien de tranches compte le barème actuel ?
Cinq tranches, avec des taux de 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. Chaque tranche ne s’applique qu’à la portion de revenu qui s’y trouve, jamais à la totalité du revenu.
Passer dans une tranche supérieure fait-il perdre de l’argent ?
Non : seule la portion de revenu qui dépasse le seuil est imposée au taux supérieur, jamais l’ensemble du revenu.
Quelle est la différence entre taux marginal et taux moyen d’imposition ?
Le taux marginal est celui de la tranche la plus haute atteinte par le revenu. Le taux moyen, obtenu en divisant l’impôt total par le revenu total, est presque toujours nettement inférieur au taux marginal, puisque les premières tranches de revenu restent taxées à un taux plus faible, voire nul.
Le barème ne change pas de nature d’une année sur l’autre, seulement de seuils : une fois le mécanisme compris, il suffit chaque année de vérifier les chiffres, pas de tout réapprendre.