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Impôt sur le revenu

comment se calcule votre impôt

Barème par tranches, quotient familial, taux marginal : la méthode complète, avec un exemple chiffré.

Une personne examine des documents financiers à un bureau, avec une calculatrice, un ordinateur portable et un stylo.
Réponse rapide

L’impôt sur le revenu se calcule en quatre temps : on détermine le revenu net imposable du foyer, on le divise par le nombre de parts (quotient familial), on applique le barème progressif par tranches à ce quotient, puis on multiplie par le nombre de parts. Chaque taux ne s’applique qu’à la part de revenu de sa tranche, jamais à la totalité.

  • Revenu net imposable : la base du calcul, pas le salaire brut.
  • Quotient familial : diviser par le nombre de parts, puis multiplier.
  • Barème progressif : chaque tranche ne taxe que sa propre part.
  • Simulateur officiel : la référence pour une estimation personnalisée.

Le calcul de l’impôt sur le revenu intimide souvent, alors que sa logique tient en quelques étapes. Le malentendu le plus répandu vient du barème : beaucoup pensent qu’« entrer dans une tranche » impose tout leur revenu à ce taux. C’est faux, et le comprendre change tout. Voici comment l’impôt se calcule réellement, étape par étape, exemple à l’appui.

Les étapes du calcul, en bref

L’impôt sur le revenu suit toujours le même cheminement. On part du revenu net imposable du foyer, on le divise par le nombre de parts pour obtenir le quotient familial, on applique le barème progressif à ce quotient, puis on multiplie le résultat par le nombre de parts. On ajuste enfin avec d’éventuels mécanismes comme la décote, les réductions et les crédits d’impôt.

Chacune de ces étapes a son rôle. Sauter la première — croire que l’impôt porte sur le salaire brut — fausse tout le reste.

Du revenu brut au revenu net imposable

L’impôt ne porte pas sur ce que vous gagnez, mais sur votre revenu net imposable. Entre les deux, plusieurs ajustements interviennent. Les revenus salariaux bénéficient par exemple d’un abattement destiné à tenir compte des frais professionnels, sauf si vous optez pour la déduction de vos frais réels. D’autres revenus (fonciers, indépendants, etc.) suivent leurs propres règles.

Le résultat de cette première étape est le revenu net imposable, celui qui figure sur votre avis d’imposition. C’est lui, et lui seul, qui sert de base au barème. Confondre revenu brut et revenu imposable conduit presque toujours à surestimer son impôt.

Le barème progressif par tranches

Le barème découpe le revenu en tranches, chacune associée à un taux. Pour les revenus 2025 imposés en 2026, le barème par part est le suivant.

Tranche de revenu (par part)Taux d’imposition
Jusqu’à 11 600 €0 %
De 11 600 € à 29 579 €11 %
De 29 579 € à 84 577 €30 %
De 84 577 € à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

Le point essentiel est là : chaque taux ne s’applique qu’à la part de revenu comprise dans sa tranche, jamais à la totalité. Gagner un euro de plus qui « bascule » dans la tranche supérieure ne fait pas grimper l’impôt sur tout le reste : seul cet euro-là est taxé au taux supérieur.

Idée reçue

« Passer dans la tranche supérieure » ne fait jamais baisser votre revenu après impôt. Comme seule la part dépassant le seuil est taxée au taux supérieur, gagner plus reste toujours avantageux.

Le quotient familial

diviser puis multiplier

Le barème s’applique non pas au revenu total du foyer, mais à une part de ce revenu. C’est le rôle du quotient familial : on divise le revenu net imposable par le nombre de parts, qui dépend de la situation (célibataire, couple) et des personnes à charge.

Concrètement, un célibataire compte une part, un couple soumis à imposition commune deux parts, et chaque enfant ajoute des demi-parts, davantage à partir du troisième. On applique le barème au quotient obtenu, puis on multiplie l’impôt ainsi calculé par le nombre de parts. Ce mécanisme allège l’impôt des familles, dans une limite plafonnée pour les revenus élevés.

Un exemple chiffré de bout en bout

Prenons un célibataire (une part) dont le revenu net imposable est de 30 000 €. On applique le barème tranche par tranche.

  1. Part jusqu’à 11 600 € : 0 €

    La première tranche n’est pas imposée. Aucun impôt sur cette portion du revenu.

  2. Part de 11 600 € à 29 579 € : environ 1 978 €

    Soit 17 979 € taxés à 11 %. C’est la portion la plus importante de l’impôt dans cet exemple.

  3. Part de 29 579 € à 30 000 € : environ 126 €

    Soit 421 € taxés à 30 %. Seul ce petit excédent atteint la tranche à 30 %.

  4. Impôt brut : environ 2 104 €

    Le taux marginal est de 30 % (la tranche du dernier euro), mais le taux moyen réellement payé n’est que d’environ 7 % du revenu.

Pour un couple sans enfant disposant de 60 000 € de revenu imposable (deux parts), on divise d’abord par deux : le quotient est de 30 000 €, soit exactement le cas précédent. L’impôt par part est d’environ 2 104 €, multiplié par deux parts, soit près de 4 208 €. À revenu égal, un couple est ainsi moins imposé que deux célibataires séparés, effet direct du quotient familial. Ces montants sont des illustrations : votre situation réelle peut comporter d’autres éléments.

Taux marginal, taux moyen et décote

Deux taux coexistent, et les confondre est source d’erreurs. Le taux marginal d’imposition (TMI) est celui de la tranche la plus haute atteinte par votre revenu : il indique comment serait taxé un revenu supplémentaire. Le taux moyen, lui, rapporte l’impôt total au revenu : c’est la part réellement payée, toujours inférieure au taux marginal.

Enfin, le calcul ne s’arrête pas au barème. Une décote réduit, voire annule, l’impôt des foyers faiblement imposés : elle bénéficie surtout aux contribuables dont l’impôt reste modeste. Des réductions et crédits d’impôt peuvent ensuite diminuer la somme due. Pour une estimation fiable et personnalisée, le simulateur officiel de l’administration fiscale reste la référence : il intègre ces ajustements que le barème seul ne reflète pas.

Comment calculer son impôt sur le revenu ?

On part du revenu net imposable du foyer, on le divise par le nombre de parts pour obtenir le quotient familial, on applique le barème progressif par tranches à ce quotient, puis on multiplie le résultat par le nombre de parts. La décote, les réductions et crédits d’impôt s’appliquent ensuite. Le simulateur officiel reste la référence pour une estimation personnalisée.

Passer dans la tranche supérieure augmente-t-il tout mon impôt ?

Non. Le barème est progressif : chaque taux ne s’applique qu’à la part de revenu comprise dans sa tranche. Un euro supplémentaire qui bascule dans la tranche supérieure n’est taxé au taux supérieur que pour cet euro-là, pas pour tout le revenu. Gagner plus n’est jamais désavantageux fiscalement.

Quelle différence entre taux marginal et taux moyen ?

Le taux marginal (TMI) est celui de la tranche la plus haute atteinte par votre revenu : il indique comment serait taxé un revenu supplémentaire. Le taux moyen rapporte l’impôt total au revenu, c’est la part réellement payée. Le taux moyen est toujours inférieur au taux marginal.

L’impôt porte-t-il sur le salaire brut ?

Non, il porte sur le revenu net imposable, obtenu après abattements (par exemple celui pour frais professionnels sur les salaires) ou déduction des frais réels. C’est ce revenu net imposable, et non le brut, qui sert de base au barème.

Une fois la mécanique comprise, l’impôt cesse d’être une boîte noire : reste à vérifier les chiffres de l’année sur le simulateur officiel avant de conclure.