Mains feuilletant un gros dictionnaire ouvert sur une table claire, un crayon entre les doigts.
Entreprise · Management

Management

définition du mot et de ses quatre emplois

Un terme employé partout, qui ne désigne pas la même chose selon l’endroit où on le croise.

Réponse rapide

Le management est l’activité qui consiste à conduire une organisation ou une équipe vers un résultat, en organisant le travail d’autres personnes. Mais le mot a quatre emplois courants : l’activité, la discipline enseignée, l’ensemble des dirigeants et le niveau hiérarchique des encadrants.

  • Une activité, pas un titre : est responsable d’un résultat obtenu par d’autres.
  • Un collectif aussi : « le management » désigne couramment les dirigeants eux-mêmes.
  • Un emprunt tardif : le mot entre en français dans les années 1950, par l’anglais.
  • Des composés trompeurs : les management fees relèvent de la finance, pas de l’encadrement.
  • Un mot parmi d’autres : gestion, direction et encadrement sont souvent plus précis.

« Le management a tranché », « je passe un master de management », « il fait du management de proximité », « les management fees sont refacturées ». Quatre phrases, un seul mot, et pas tout à fait le même sens à chaque fois. C’est la difficulté réelle de ce terme : il est partout, il paraît clair, et il désigne des choses différentes selon l’endroit où on le rencontre.

Management

la définition en une phrase

Le management, c’est l’activité qui consiste à conduire une organisation ou une équipe vers un résultat, en organisant le travail d’autres personnes. Décider d’un cap, répartir des moyens, coordonner des efforts, vérifier que le résultat arrive : dès qu’une personne est responsable d’un résultat obtenu par d’autres, elle fait du management, quel que soit son titre.

Cette définition suffit à la plupart des usages. Ce qu’elle ne dit pas, c’est ce qu’un manager fait de ses journées, quelles fonctions il exerce ou quels styles il peut adopter : ces questions méritent leur propre développement et sont traitées ailleurs. Ce qui suit porte sur le mot lui-même, et sur les sens qu’il prend selon le contexte.

Un mot, quatre emplois qu’il faut distinguer

Les dictionnaires courants enregistrent au moins deux acceptions, et l’usage professionnel en a ajouté d’autres. Elles ne se contredisent pas, mais les confondre produit de vrais malentendus.

EmploiCe que le mot désigneExemple
L’activitéLe fait de conduire une équipe ou une organisation« Le management de cette équipe demande de la patience. »
La disciplineUn champ de savoir enseigné et étudié« Une école de management », « un cours de management des organisations. »
Les dirigeantsL’instance dirigeante, prise comme un collectif« Le management a validé le budget. »
Le niveau hiérarchiqueLa strate des encadrants, vue comme un statut ou une trajectoire« Évoluer vers le management », « les métiers du management. »

Le troisième emploi est le plus déroutant pour qui découvre le mot : il ne parle pas d’une activité mais de personnes. Il vient directement de l’usage anglais, où le terme s’oppose aux salariés dans le vocabulaire des relations sociales, et il fonctionne comme « la direction » en français.

D’où une ambiguïté qui n’est pas théorique. « Le management est en cause » signifie soit que la façon de diriger pose problème, soit que ce sont les dirigeants eux-mêmes qui sont visés. Dans un compte rendu de réunion ou une note interne, les deux lectures n’engagent pas les mêmes conséquences, et c’est souvent le contexte seul qui tranche.

D’où vient le mot, et depuis quand

Le mot est un emprunt à l’anglais, entré tardivement dans le français : les notices étymologiques le datent de 1957, vraisemblablement d’après l’usage américain. Le verbe anglais to manage, lui, est bien plus ancien, attesté depuis la fin du XVIe siècle.

On lit souvent que « management » serait un retour du français « ménagement », ou un descendant de l’italien maneggiare, qui désignait le fait de manier un cheval. La filiation est séduisante et elle circule beaucoup. Les notices étymologiques françaises de référence ne l’établissent pas : elles s’arrêtent à l’emprunt à l’anglais et à l’ancienneté du verbe anglais. Mieux vaut donc la présenter comme une hypothèse répandue que comme un fait acquis.

L’hésitation se lit encore dans la prononciation. Les dictionnaires admettent les deux : à l’anglaise, ou à la française, en articulant le mot à peu près comme « ménagement ». Aucune n’est fautive, et le choix relève surtout du milieu où l’on parle.

Manager, manageur, manager quelqu’un

les dérivés

Le mot a fait souche, et ses dérivés posent leurs propres questions. « Manager » s’emploie comme nom pour désigner la personne qui exerce cette activité, avec une graphie francisée — « manageur », « manageuse » — enregistrée par les dictionnaires à côté de la forme anglaise. Les deux circulent ; la forme francisée est plus fréquente dans les textes administratifs, la forme anglaise dans l’entreprise.

« Manager » s’emploie aussi comme verbe : manager une équipe, manager un projet. Le verbe est courant à l’oral et parfaitement compris, mais il reste marqué comme un anglicisme dans un texte soigné, où « encadrer », « piloter » ou « diriger » disent la même chose sans faire tiquer. À noter enfin que le nom désigne, dans le sport et le spectacle, une fonction assez différente de celle de l’entreprise : celui qui gère la carrière et les intérêts d’une personne.

Les composés où le mot change de sens

Un cadre à qui l’on annonce l’arrivée d’un « management de transition » ne comprend pas la même chose qu’un dirigeant à qui son conseil parle de « management fees ». Le mot sert de tête à une famille d’expressions dont les membres ne partagent pas tous le même sens, et certains n’ont plus rien à voir avec l’encadrement d’une équipe.

ExpressionCe que le complément qualifieDomaine
Management de projetL’objet dirigé : un projet, avec un début et une finOrganisation du travail
Management transversalLe mode d’exercice : sans lien hiérarchiqueOrganisation du travail
Management de proximitéLa distance au terrain : l’encadrement directEncadrement d’équipe
Management visuelLe moyen employé : afficher l’information pour la partagerMéthodes d’atelier
Management de transitionLa durée : une mission temporaire de directionPrestation de direction
Management feesUne somme : la rémunération de prestations de gestionFinance et fiscalité
Management packageUn dispositif : l’accès des dirigeants au capitalFinance et droit des sociétés

Les deux dernières lignes sont les plus piégeuses, parce qu’elles ne se rencontrent pas dans le même contexte que les autres : elles apparaissent dans des contrats, des comptes ou des discussions d’actionnaires. Leur régime dépend des situations et relève du conseil d’un professionnel, pas d’une définition générale.

Règle de décodage

Devant un composé inconnu, regardez ce que le complément qualifie : une manière de diriger, un objet géré, une durée, ou une somme d’argent. Les trois premiers cas relèvent de l’organisation du travail. Le quatrième appartient au vocabulaire financier, et le mot « management » n’y désigne plus une activité mais une position.

Ce que les auteurs classiques ont mis derrière le mot

Henri Fayol, dans Administration industrielle et générale publié en 1916, énonce cinq éléments de l’administration : prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler. Il écrit avant que le mot « management » n’entre en français, et parle donc d’administration. Son apport est d’avoir posé que diriger est une activité identifiable, décomposable, et qui s’apprend — idée qui n’allait pas de soi à l’époque. C’est de cette liste que descendent les fonctions du management enseignées aujourd’hui.

Henry Mintzberg, au début des années 1970, prend le problème par l’autre bout : au lieu de dire ce qu’un dirigeant devrait faire, il observe ce que les cadres font réellement. Il en tire dix rôles, répartis en trois familles — interpersonnels, informationnels et décisionnels — et une conclusion qui a fait du bruit : le travail réel est fragmenté, interrompu, largement oral, très éloigné de l’image du planificateur serein.

L’écart entre les deux enrichit la définition d’ouverture. Fayol décrit ce que le management vise ; Mintzberg décrit ce qu’il est en pratique. Une définition qui ne retient que le premier versant donne un mot théorique, coupé du quotidien ; une définition qui ne retient que le second décrit une agitation sans direction. Le sens plein du mot tient les deux bouts.

Management, gestion, direction, encadrement

lequel employer

Le français dispose de plusieurs mots là où l’anglais en emploie un seul, et les traiter comme des synonymes appauvrit le propos. Le choix mérite deux secondes de réflexion au moment de rédiger.

« Gestion » convient quand il s’agit d’administrer des ressources, des flux, des dossiers : gestion des stocks, gestion budgétaire, gestion locative. L’objet est une chose, pas une personne. « Direction » désigne l’autorité et la fixation du cap, et s’emploie aussi comme collectif pour l’instance dirigeante. « Encadrement » insiste sur la relation hiérarchique et sur les personnes encadrées ; c’est souvent le mot juste dans une fiche de poste ou un accord d’entreprise, là où « management » reste vague.

« Management » garde sa pertinence quand on veut désigner l’ensemble — organiser, animer, décider, contrôler — sans se limiter à l’un de ces aspects, ou quand on parle de la discipline. Employé partout, il devient un mot passe-partout qui masque ce que l’on veut réellement dire. Dans un texte professionnel, remplacer « améliorer le management de l’équipe » par « clarifier la répartition des rôles » ou « rendre les décisions plus lisibles » fait presque toujours gagner en précision.

Que veut dire management, en une phrase ?

C’est l’activité qui consiste à conduire une organisation ou une équipe vers un résultat, en organisant le travail d’autres personnes : fixer un cap, répartir les moyens, coordonner et vérifier. Dès qu’une personne est responsable d’un résultat obtenu par d’autres, elle fait du management, quel que soit son titre.

Pourquoi dit-on « le management » pour désigner les dirigeants ?

Parce que le mot a aussi un sens collectif, enregistré par les dictionnaires courants : l’ensemble des dirigeants d’une entreprise. Cet emploi vient de l’anglais, où le terme s’oppose aux salariés dans le vocabulaire des relations sociales. D’où l’ambiguïté de phrases comme « le management est en cause », qui vise soit la façon de diriger, soit les personnes.

Le management, est-ce la même chose que la gestion ?

Non, même si l’usage les mélange. « Gestion » convient quand on administre des ressources, des flux ou des dossiers : l’objet est une chose. Le management inclut la dimension humaine — animer, décider, coordonner le travail de personnes. Dans un texte professionnel, le mot le plus précis est souvent « encadrement » lorsqu’il s’agit de la relation hiérarchique.

D’où vient le mot management ?

C’est un emprunt à l’anglais, entré tardivement en français : les notices étymologiques le datent de 1957, vraisemblablement d’après l’usage américain, alors que le verbe anglais to manage est attesté depuis la fin du XVIe siècle. La filiation souvent citée avec le français « ménagement » ou l’italien maneggiare est répandue mais n’est pas établie par les notices de référence.

Comment prononce-t-on management en français ?

Les deux prononciations sont admises par les dictionnaires : à l’anglaise, ou à la française en articulant le mot à peu près comme « ménagement ». Aucune n’est fautive, le choix dépend surtout du milieu professionnel.

Les management fees relèvent-elles du management d’équipe ?

Non. L’expression appartient au vocabulaire financier et désigne une rémunération de prestations de gestion, généralement entre sociétés d’un même groupe. Devant un composé inconnu, le réflexe est de regarder ce que le complément qualifie : une manière de diriger, un objet géré, une durée, ou une somme d’argent.

Un mot qui désigne quatre choses n’est pas un mot flou. C’est un mot dont il faut préciser l’emploi avant de s’en servir.