Bourse notariat
se former dans un office et être payé
La plateforme d’annonces de la profession se visite en cinq minutes. Le vrai sujet est ailleurs : sous quel contrat on se forme, et qui règle la facture pédagogique.
« Bourse notariat » désigne d’abord la bourse d’emplois de la profession, plateforme nationale éditée par le Conseil supérieur du notariat, gratuite pour les candidats et doublée de bourses locales tenues par les chambres. Mais ce qui décide d’un projet, c’est le financement : on se forme au notariat en alternance, sous contrat de travail, dans un office trouvé avant l’inscription. Les frais pédagogiques incombent à l’employeur, qui n’en récupère qu’une partie auprès de l’opérateur de compétences de la branche.
- Deux sens : un marché de l’emploi d’un côté, la question du financement des études de l’autre.
- Un seul diplôme : le DESN a remplacé le diplôme supérieur du notariat et le diplôme de notaire depuis la rentrée 2023.
- L’employeur d’abord : le contrat se signe avant l’entrée en formation, jamais après.
- Le reste à charge : la prise en charge de la branche couvre environ la moitié du tarif horaire facturé.
« Bourse notariat »
deux réalités derrière le même mot
Tapez l’expression et vous tombez d’abord sur un moteur de recherche d’annonces. La bourse d’emplois du notariat est la plateforme éditée par l’instance nationale de la profession, le Conseil supérieur du notariat, à l’adresse bourse-emplois.notaires.fr. Les offices y publient leurs postes, les candidats consultent et postulent sans payer quoi que ce soit. On y trouve surtout de la rédaction d’actes, de l’assistanat notarial, des formalités, de la comptabilité taxe et de la négociation immobilière — autrement dit l’essentiel des fonctions d’un office, du poste très juridique au poste support.
À côté de cette plateforme nationale, les chambres départementales et les conseils régionaux tiennent leurs propres bourses, plus locales, dont les annonces ne remontent pas toujours au niveau national. Consulter les deux prend quelques minutes et évite de passer à côté d’un poste voisin de chez soi.
L’autre question arrive juste après, et celle-là est beaucoup moins documentée : combien coûte l’entrée dans cette profession, et qui paie. Le notariat se forme en alternance, dans un office, sous contrat de travail. Le parcours ne ressemble donc pas à des études classiques que l’on financerait soi-même en attendant un diplôme. Il ressemble à une embauche assortie d’une formation, dont le coût pédagogique se négocie avant même la rentrée.
Le parcours a changé
ce que le DESN a remplacé
Beaucoup de pages en ligne décrivent encore un système à deux voies : la voie universitaire menant au diplôme supérieur du notariat, et la voie professionnelle menant au diplôme de notaire. Ce schéma n’est plus d’actualité. Le décret n° 2022-1298 du 7 octobre 2022, complété par un arrêté du 5 juillet 2023, a fusionné les deux parcours en un diplôme unique : le diplôme d’études supérieures de notariat, le DESN. Depuis la rentrée 2023, les anciens diplômes ne sont plus ouverts aux nouvelles inscriptions ; seuls les étudiants déjà engagés poursuivent leur cursus jusqu’à son terme.
L’accès au DESN dépend du master obtenu. Les titulaires d’un master mention droit notarial conventionné avec l’Institut national des formations notariales y entrent de droit. Les autres diplômés en droit passent par une sélection nationale : examen du dossier, puis entretien d’une quinzaine de minutes, avec un nombre de tentatives limité. La nuance a des implications pratiques : choisir un master conventionné en amont supprime une incertitude d’un an sur la suite du parcours.
La formation dure vingt-quatre mois en alternance. Pendant cette période, l’étudiant porte le titre de notaire stagiaire et travaille dans un office. L’enseignement représente un peu plus de cinq cent cinquante heures, réparties entre un module préparatoire et trois périodes qui vont du statut d’officier public à l’ingénierie juridique, puis à la gestion d’un office. Le parcours se termine par la soutenance d’un rapport de stage ou d’un mémoire, avec une note minimale de 10 sur 20, et le diplôme est délivré par l’université partenaire. Une interruption de six mois à un an reste possible entre deux périodes, ce qui donne un peu d’air aux parcours qui ne sont pas linéaires.
DESN — le titre de notaire
Après un master en droit, vingt-quatre mois d’alternance avec le statut de notaire stagiaire. Accès de droit avec un master droit notarial conventionné, sélection nationale sur dossier et entretien pour les autres masters juridiques. Environ 553 heures d’enseignement, soutenance finale devant l’université partenaire.
DMN — le poste de rédacteur d’acte
Une année universitaire en alternance, de fin septembre à l’automne suivant, pour un volume proche de 335 heures. Ouvert aux licences professionnelles métiers du notariat et à d’autres diplômes juridiques équivalents. Débouché immédiat sur la rédaction d’actes, avec une autonomie croissante.
Être payé pendant sa formation
les contrats qui le permettent
Le point que les fiches métier survolent est pourtant décisif : on ne s’inscrit pas au DESN puis on cherche un office. C’est l’inverse. Le contrat de travail précède l’entrée en formation, et sans employeur signé, l’inscription ne tient pas. Deux montages coexistent, et le choix entre les deux ne dépend pas seulement du candidat.
Le contrat de professionnalisation
C’est le montage le plus courant pour les profils sortant d’études. Conclu en contrat à durée déterminée, il doit couvrir douze mois et démarrer en même temps que la formation ; il peut aussi prendre la forme d’un contrat à durée indéterminée. Les documents des instituts le présentent comme réservé aux candidats de moins de vingt-six ans, ce qui correspond à leur public habituel mais ne recouvre pas tout le droit applicable : le code du travail ouvre également ce contrat aux demandeurs d’emploi de vingt-six ans et plus inscrits à France Travail, ainsi qu’aux bénéficiaires du revenu de solidarité active, de l’allocation de solidarité spécifique et de l’allocation aux adultes handicapés. Un profil en reconversion n’est donc pas mécaniquement hors jeu.
Son intérêt ne se limite pas au salaire : ce contrat ouvre la porte à une prise en charge des frais pédagogiques par l’opérateur de compétences de la branche, ce qui change le calcul de l’office.
Le contrat de travail classique
Lorsque l’office préfère ce cadre, ou lorsque les conditions du contrat de professionnalisation ne sont pas réunies, un contrat de travail ordinaire prend le relais, à durée déterminée ou indéterminée, accompagné d’une convention de formation signée entre l’étudiant, l’employeur et l’institut. Le financement passe alors par le plan de développement des compétences de l’office. Du point de vue de l’étudiant, le résultat se ressemble — un salaire, un poste, une formation —, mais la mécanique de remboursement côté employeur n’est pas la même, et elle se discute en entretien.
Ce que la formation coûte, et qui paie vraiment
Les tarifs sont publiés par l’institut et révisés chaque année. Pour le DESN, le barème annoncé pour l’année 2026-2027 se décompose en quatre postes, dont un pèse nettement plus lourd que les autres.
| Poste | Montant annoncé pour 2026-2027 |
|---|---|
| Frais de dossier | 150 €, non remboursables |
| Enseignement | 18,50 € de l’heure, sur environ 553 heures |
| Soutenance du mémoire ou du rapport | 600 € |
| Inscription universitaire | de l’ordre de 320 € par an |
Ces frais pédagogiques ne sont normalement pas à la charge de l’étudiant : ils incombent à l’employeur, qui les avance et se fait rembourser par l’opérateur de compétences de la branche lorsque le contrat entre dans les critères. Encore faut-il regarder l’écart entre les deux montants. Les barèmes de prise en charge que publient certains centres de formation situent la participation de l’opérateur autour de neuf euros de l’heure pour ce diplôme — un ordre de grandeur, relevé dans des documents pédagogiques et non dans une décision officielle, qui varie selon le type de contrat et l’année. Il reste très en deçà du tarif horaire facturé. Le solde pèse sur l’office, en plus du salaire versé pendant deux ans.
Cette arithmétique éclaire des refus que les candidats interprètent souvent comme un rejet de leur profil. Un office de deux personnes n’arbitre pas comme une structure de quarante collaborateurs : le reste à charge compte, l’absence du stagiaire pendant les semaines de cours aussi. Le refus porte alors sur un budget, pas sur un dossier.
Les tarifs de l’institut comme le plafond de prise en charge de la branche sont révisés chaque année, le second parfois plus vite que le premier. Avant de bâtir un plan de financement, confrontez les montants ci-dessus au barème en vigueur publié par l’institut et à celui de l’opérateur de compétences. Aucun chiffre lu sur un forum ne vaut ces deux pages.
Le DMN, la porte d’entrée qu’on oublie
Le titre de notaire n’est pas la seule façon de travailler dans un office, et le diplôme des métiers du notariat le montre bien. Il se prépare en une année universitaire, de fin septembre à l’automne suivant, pour un volume proche de trois cent trente-cinq heures organisées en quatre blocs : droit de la famille, droit immobilier, droit de l’entreprise et pratique professionnelle notariale. Selon les sites, les cours sont regroupés en semaines pleines ou étalés à raison d’une journée par semaine, le reste du temps se passant en office.
L’accès s’ouvre aux titulaires d’une licence professionnelle métiers du notariat, mais aussi à d’autres diplômes juridiques d’un niveau équivalent, licence ou master en droit, et à certaines licences professionnelles immobilières ou comptables. Là encore, le contrat de douze mois doit être décroché avant l’inscription. Le coût annoncé pour le millésime 2026-2027 tourne autour de 5 860 euros de frais de formation, auxquels s’ajoutent les frais de dossier.
À la sortie, le poste visé est celui de rédacteur d’acte : préparation et rédaction des actes en droit de la famille, en immobilier, en droit des affaires, avec une autonomie qui grandit avec l’expérience et, plus tard, des fonctions d’encadrement. Sur la suite du parcours, mieux vaut rester prudent. Des passerelles vers le titre existent et reposent sur un examen de contrôle des connaissances techniques, mais la réforme de 2022 en a modifié l’articulation : ce point précis se vérifie auprès de l’institut, et non sur une page de fiche métier, avant d’en faire le pivot d’un plan de carrière.
Chercher un office qui accepte de former
Vue sous cet angle, une candidature en alternance notariale n’est pas une candidature ordinaire. Elle demande à un employeur un salaire, un reste à charge pédagogique, du temps de tutorat et l’acceptation d’absences régulières pour les cours. Le dossier doit donc répondre à ces objections avant qu’elles ne soient formulées : indiquer le diplôme visé et le contrat envisagé, mentionner le dispositif de prise en charge quand il s’applique, et donner le calendrier exact des périodes de cours.
Les questions à poser en entretien découlent du même raisonnement. Qui porte le coût pédagogique, et le dossier de prise en charge a-t-il déjà été monté par l’office ? Quel contrat est envisagé, et sur quelle durée ? Qui assurera le tutorat au quotidien ? Comment les semaines de formation s’articulent-elles avec les dossiers en cours ? Un office qui a déjà formé répond sans hésiter ; une hésitation signale un employeur qui découvre le dispositif, ce qui n’est pas rédhibitoire mais allonge les délais.
Reste le calendrier, à prendre au sérieux : pour une rentrée fin septembre, la recherche se mène au printemps, parce que le dossier de prise en charge suppose un contrat signé et transmis. Et il faut savoir qu’une part des postes formateurs ne sont jamais publiés. Un office qui accepte de former le fait souvent pour un profil précis, croisé lors d’un stage, présenté par un confrère ou signalé par un institut de formation — d’où l’intérêt de se manifester auprès des centres et des chambres, en plus de suivre les annonces en ligne.
« Bourse notariat » ramène à une plateforme, et la plateforme ramène à une question de financement. Un candidat qui arrive avec le nom du diplôme, le type de contrat, le calendrier des cours et l’ordre de grandeur du reste à charge ne demande plus un emploi : il présente un dossier que l’office peut instruire. C’est le vrai différenciateur, bien avant la mention du master.
La bourse d’emplois du notariat est-elle payante pour un candidat ?
Non. La plateforme nationale éditée par le Conseil supérieur du notariat est gratuite côté candidat : consultation des annonces et candidature ne donnent lieu à aucun frais ni abonnement. Les bourses tenues par les chambres départementales et les conseils régionaux fonctionnent sur le même principe. Ce qui se paie, dans le notariat, c’est la formation — et elle relève d’une tout autre mécanique, portée par l’employeur.
Faut-il avoir un employeur avant de s’inscrire en formation notariale ?
Oui, et c’est la contrainte la plus sous-estimée du parcours. Le DESN comme le diplôme des métiers du notariat se préparent en alternance : le contrat de travail dans un office doit être signé avant l’entrée en formation, et démarrer en même temps qu’elle. Une recherche lancée en août pour une rentrée fin septembre laisse trop peu de temps au montage administratif du dossier de prise en charge.
Le diplôme supérieur du notariat et le diplôme de notaire existent-ils encore ?
Ils ne sont plus ouverts aux nouvelles inscriptions. Le décret du 7 octobre 2022 les a fusionnés en un diplôme unique, le diplôme d’études supérieures de notariat, effectif depuis la rentrée 2023. Les étudiants déjà engagés dans l’un des deux anciens cursus les terminent normalement. Beaucoup de pages en ligne n’ont pas été mises à jour et décrivent toujours l’ancien système à deux voies.
Peut-on travailler dans un office sans viser le titre de notaire ?
C’est même la voie la plus fréquente. Le diplôme des métiers du notariat se prépare en une année en alternance et mène au poste de rédacteur d’acte, avec une montée en autonomie sur les dossiers de famille, d’immobilier et d’entreprise. Les offices recrutent aussi des formalistes, des comptables taxateurs et des négociateurs immobiliers, qui n’exigent pas le parcours long menant au titre.
Qui paie la formation, et que reste-t-il à la charge de l’office ?
Les frais pédagogiques incombent à l’employeur. En contrat de professionnalisation, l’opérateur de compétences de la branche en rembourse une partie, sous conditions et dans la limite d’un plafond horaire nettement inférieur au tarif facturé par l’institut. Le solde reste à la charge de l’office, en plus du salaire versé pendant toute la durée du contrat. Ces barèmes évoluent chaque année et se vérifient à la source.